Où trouver des protéines quand on mange végétarien

Combien de protéines il vous faut vraiment, dans quels aliments les trouver, et comment les cuisiner sans y penser tous les jours.

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C’est la première question qu’on vous posera. Elle vient rarement d’une inquiétude nutritionnelle et plus souvent d’une curiosité sincère, alors autant avoir une réponse claire.

De combien avez-vous besoin

L’Autorité européenne de sécurité des aliments retient 0,83 gramme de protéines par kilo de poids et par jour pour un adulte. Une personne de 70 kilos vise donc environ 58 grammes. Les sportifs de force montent vers 1,4 à 2 grammes par kilo.

Ce chiffre paraît élevé tant qu’on ne l’a pas décomposé. Une assiette de mujaddara couvre déjà un tiers de la journée. Un houmous avec du pain en apporte une dizaine de grammes. Le total se fait sans effort particulier.

Les aliments qui comptent vraiment

Les légumineuses arrivent loin devant. Cent grammes de lentilles crues contiennent 25 grammes de protéines, autant que la même quantité de viande, pour un prix vingt fois moindre.

Aliment (100 g crus) Protéines
Lentilles 25 g
Pois chiches 19 g
Haricots noirs 21 g
Tempeh 19 g
Tofu ferme 15 g
Quinoa 14 g
Boulgour 12 g

Les œufs et les produits laitiers complètent facilement si vous n’êtes pas vegan. Un œuf apporte 6 grammes, cent grammes de feta en apportent 14.

L’histoire des acides aminés

Vous lirez qu’il faut « associer » céréales et légumineuses à chaque repas pour obtenir des protéines complètes. Cette idée vient d’un livre des années soixante-dix, et son autrice elle-même l’a corrigée ensuite. Le corps garde un pool d’acides aminés pendant plusieurs heures. Manger varié sur la journée suffit.

Cela dit, les cuisines traditionnelles ont fait cette association depuis toujours, sans théorie derrière. Riz et lentilles au Liban, maïs et haricots au Mexique, semoule et pois chiches au Maghreb. Ces plats sont équilibrés parce que des générations les ont ajustés.

Trois façons de s’y prendre sans y penser

Cuisez des légumineuses à l’avance. Une casserole de lentilles ou de pois chiches le dimanche vous donne la base de quatre repas, d’un chana masala à une salade froide. Elles se gardent cinq jours au réfrigérateur et se congèlent bien.

Gardez du tofu ferme et du tempeh au frais. Le tempeh est plus riche et son goût de noisette tient mieux face aux épices, comme le montre un tempeh goreng frit au sambal.

Comptez sur les plats qui le font déjà. Le dal indien, le gado-gado indonésien, le mujaddara libanais ne sont pas des plats de substitution : ce sont des plats complets que des cuisines entières mangent depuis des siècles.

Le seul nutriment qui demande attention

Ce n’est pas la protéine, c’est la vitamine B12. Elle n’existe pas dans le règne végétal en forme assimilable. Un régime végétarien avec œufs et laitages en apporte assez. Un régime vegan demande une supplémentation, ce n’est pas négociable et cela coûte quelques euros par an.

Surveillez aussi le fer et le zinc, mieux absorbés en présence de vitamine C. Un filet de citron sur les lentilles n’est pas qu’une affaire de goût.

Les recettes citées

Questions fréquentes

Les protéines végétales sont-elles moins bien assimilées que celles de la viande ?

Un peu moins, oui. Les protéines des légumineuses et des céréales sont légèrement moins digestibles que celles des œufs ou de la viande, et leur profil en acides aminés est moins équilibré pris isolément. En pratique, cela se compense en mangeant un peu plus et en variant les sources sur la journée, ce que fait spontanément une alimentation qui alterne légumineuses, céréales complètes, oléagineux et, le cas échéant, œufs et laitages.

Les chiffres du tableau valent-ils pour des lentilles cuites ?

Non, ils valent pour 100 grammes de produit sec. À la cuisson, une légumineuse absorbe deux à trois fois son poids en eau : cent grammes de lentilles sèches donnent environ deux cent cinquante grammes de lentilles cuites, et la teneur en protéines au poids se divise d’autant. Une portion courante de lentilles cuites apporte donc plutôt une dizaine de grammes de protéines.

Et le seitan, souvent présenté comme le plus riche en protéines ?

Le seitan est du gluten de blé, et c’est effectivement l’aliment végétal le plus concentré en protéines. Deux réserves : il est pauvre en lysine, donc il gagne à être mangé avec des légumineuses plutôt que seul, et il est évidemment exclu en cas de maladie cœliaque ou d’intolérance au gluten. Ce n’est pas un aliment traditionnel de la plupart des cuisines présentées sur ce site, où ce rôle est tenu par les lentilles et les pois chiches.

Faut-il prendre des poudres de protéines ?

Pour une alimentation ordinaire, non : les quantités visées se couvrent avec des aliments entiers, qui apportent en plus des fibres, du fer et du zinc. Une poudre peut dépanner un sportif de force qui vise deux grammes par kilo et par jour et qui a du mal à manger assez en volume. C’est un complément de confort, pas une nécessité.

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